Présentation
free party, devant le son.Une free party — considérée comme une zone d'autonomie temporaire "Z.A.T." ou Temporary Autonomous Zone "T.A.Z." en Anglais du point de vue des participants ou comme une zone éphémère organisée par eux et vue comme une zone de non-droit par les autorité d'un État qui a toujours cherché à les réprimer dans la mesure où ils squattaient des espaces privés ou publics, temporairement ou durablement. C'est un lieu où un sound system « pose » du « son » (matériel de sonorisation) pour en faire profiter les participants. L'installation d'une free party ne se limite pas au système de sonorisation, qui est souvent accompagné d'un bar improvisé et éventuellement d'un espace de repos désigné sous le nom de « chill-out » (bien qu'assez rare en Free Party) où l'on trouve souvent des brochures de prévention sur les drogues, la sexualité, l'ouïe, etc.
Le lieu, généralement inhabituel pour une soirée (champs, grottes, bâtiments désaffectés...), est tenu secret jusqu'au commencement de la fête. Est mit à disposition dans la plupart du temps un numéro d'infoline (3672) ou le numero d'un dj (assez rare dans la décennie 2000) qui laisse sur son répondeur l'endroit exact de la teuf au dernier moment, ce qui donne souvent lieu à un jeu du chat et de la souris avec la police. Les moyens modernes de communication, téléphone portable et internet, permettent de relayer rapidement et confidentiellement l'information sur le lieu. En effet, les organisateurs utilisent souvent des infolines, des répondeurs interrogeables à distance avec un code communiqué sur le tract de la free party.
Les participants s'auto-désignent sous le terme de « teufeurs ». Certains se déplacent dans des camions appelé "camtar" ou fourgons plus ou moins aménagés. D'autres vivent toute l'année dans ces camions avec famille et souvent, leurs amis canins.
Contrairement à une confusion souvent faite, le terme « free » ne doit pas être seulement entendu dans le sens de « gratuit » mais aussi dans le sens de « libre » (idée tres proche du Logiciel libre ), ces fêtes tenant par dessus tout à se démarquer du mercantilisme des soirées traditionnelles.
L'usage du terme « free party » par opposition au terme « rave party » est attribué aux Spiral Tribe, un des collectifs anglais réputés pour avoir fait connaître la free party à travers l'Europe. La free party propose un accès gratuit ou sur donation, ce qui la différencie entre autres d'une « rave party » qui elle a un prix fixé.
Le terme « son » désigne souvent le système de sonorisation en lui-même, comme dans l'expression « mur de son » qui désigne l'alignement d'enceintes diffusant la musique ou dans l'expression « poser du son » qui désigne l'action de mettre en place un tel système de sonorisation. Mais ce terme peut aussi s'employer comme synonyme francophone de « sound system » pour désigner l'ensemble des personnes participant à l'organisation de la free party. Utilisé dans ce sens, il peut aussi être synonyme de « tribe » (anglais pour « tribu »), terme qui met en avant l'organisation, comme le mode de vie tribal et communautaire souvent adopté par les teufeurs.
La musique diffusée lors d'une free party est généralement de la hardcore, du breakcore, de la tribe, de la drum & bass ou de la jungle, de la hardtek, du speedcore, de l'acidcore, du dub, etc...
France
On estime qu'à la fin des années 1990, il y avait quelques dizaines de « fêtes libres » chaque week-end (de taille variable, pouvant rassembler entre plusieurs milliers de personnes et près d'une centaine voire moins dans le cadre d'une soirée plus privée).
La première vague, directement issue de la rencontre de groupes de technoïdes avec les anglais de Spiral Tribe, rassemble les Psychiatriks, les Nomads, OQP, Foxtanz, Teknocrates, Metek, Fraktal, THC, LSDF, Furious. Elle est active environ de 1993 à 1997, même si certains sont encore présents aujourd'hui. La deuxième génération d'organisateurs, pour la plupart débutant en 1996, réunit les groupes Le Petit Peuple, TNT, Heretik System, Troubles fete, K-Bal, Corrosive sound system, Mas I Mas, Ultim Atom, Ubik, et bientôt plusieurs dizaines de groupes indépendants.
Actuellement, on recense trois types de free party légales :
celles non déclarées en dessous du seuil de 500 personnes fixé par la loi pour une déclaration en préfecture ;
celles déclarées et non interdite au dessus de 500 personnes (régime déclaratif, elle est dans les textes normalement acceptée, mais dans les faits le dossier est quasi systématiquement rejeté) ;
celles de type Sarkoval autorisée et encadrée par l'État.(mais aussi les Teknival soit disant "d'Insoumis" libre et sans autorisation)
Et reste, en moindre nombre il est vrai, celles encore illégales de taille supérieure à 500 non déclarées et non autorisées, qui vont jusqu'à la taille de petits teknivals tel que celui des "Insoumis" de mai 2007, ou de "Soustons" en avril 2007 qui peuvent regrouper une dizaine de sounds systems et quelques milliers de personnes.
En 2005, le collectif des sounds systems[1], créé en 2001 pour faire face à l'hostilité du projet de loi sur la sécurité quotidienne (LSQ) dénombrait plus d'une centaine de sound systems, c'est-à-dire des groupes possédant en commun un matériel de sonorisation destiné à être utilisé en free party.[2].
Plusieurs séries de lois sont venues encadrer les free parties.
Histoire
free party, vue d'ensemble (UK Tek, Mai 2005, Pays de Galles).Si les soirées clandestines ont toujours existé sous divers noms ou formes que ce soit les afterhour clubs durant la prohibition aux États-Unis ou les soirées dans les catacombes de Paris dans les années 1980 et si ce caractère de clandestinité génère des similarités, l'essor des free party est intrinséquement lié à l'avènement de la techno et aux avancées technologiques qui lui furent contemporaines (téléphone portable et internet) puisque c'est par l'intermédiaire de ces nouveaux outils que les soirées clandestines furent popularisées.
L'histoire des free parties est à l'origine liée à celle des rave parties, même si au milieu des années 1990, les deux mouvements ont commencé à diverger (Voir l'article détaillé rave party).
De par leur caractère clandestin, les free parties se trouvent à enfreindre un certaine nombre de législations en fonction de ce qui est appliqué dans le pays en question. En France, outre les problèmes liés aux nuisance sonores, aux consignes de sécurité et à l'atteinte au droit de propriété, il est aussi question de travail clandestin, de non-respect du droit d'auteur et de vente de boissons alcoolisées sans licence.